12 Clivées, dislocation et incises

12.1 Clivées

En dépendances de surface, le schéma suit celui du French Treebank où la subordonnée en que/qui est codée comme une relative, non intégrée au foyer de clivée. Ainsi la subordonnée a comme tête le verbe. Le foyer de clivée est attribut du sujet. La subordonnée (en que/qui) est notée comme un dépendant mod.cleft du verbe être.

En dépendances profondes, on explicite la fonction que porte le foyer de la clivée par rapport au verbe de la subordonnée (et le pronom relatif est court-circuité). On peut distinguer deux cas :

12.1.1 Clivée avec foyer sujet ou objet du V de la subordonnée

  1. C'est un difficile début d'année qui s'annonce
  2. C'est Jean que Pauline aime

12.1.2 Clivée avec autre type de foyer

Quand le foyer de clivée est prépositionnel ou adverbial, la subordonnée est introduite par que, mais NB il est toujours noté comme un pronom relatif.

Le foyer de clivée peut correspondre à un modifieur du V de la subordonnée :

  1. C'est à Paris que Marie dort

ou bien à un complément prépositionnel régi. Dans ce cas, en dépendances profondes, outre le que introduisant la clivée, on court-circuite la préposition régie :

  1. C'est à Jean que Marie parle

12.2 Dislocation

Le clitique redondant dans les dislocations est annoté également comme dépendant du verbe (et le disloqué porte une fonction finale dis, et comme fonction canonique, la fonction canonique de son clitique de reprise):

  1. Ce filou, il a plus d’un tour dans son sac
  2. Ce filou, il a été emmené hors_de France

On applique la même représentation pour les constructions en ça

  1. Ça serait bien de finir
  2. Ça me ferait de_la peine de partir
  3. Partir, ça me ferait de_la peine

Rem : le FTB (arbres en constituants) ne note pas de fonction pour l’adverbe nu bien, alors qu'elles sont notées dans le schéma de dépendances de surface.

12.3 Incises

Au niveau surfacique, une incise apparaît comme modifieur du plus petit syntagme qui l'englobe. On le marque par une dépendance mod.inc de la tête du syntagme matrice vers la tête de l'incise. On ajoute au niveau profond et intermédiaire une dépendance obj du verbe de l'incise vers son objet, quand ce dernier est présent dans le syntagme matrice :

  1. Marie, j'espère, aura fait un agréable voyage
  2. Le ministre a, je le crois, menti à tout le monde

  3. Un voyage, j’espère, agréable

  4. Le ministre a semble-t-il menti (cf. il semble que le ministre a menti a une diathèse impersonnelle le "que P" est objet final et sujet canonique du V à l'impersonnel)
Attention, on n'ajoute le complément du verbe de l'incise que si celui-ci admet ce complément dans une formulation hors incise :
  1. Le ministre a semble-t-il menti ... => il semble que le ministre a menti... => on ajoute
  2. Marie, j'espère, aura fait ... => J'espère que Marie aura fait ... => on ajoute

mais

  1. Le ministre a menti a tout le monde, ricana Paul => *Paul ricana que ... => on n'ajoute rien