8 Dépendants participiaux et adjectivaux

8.1 Participes et adjectifs épithètes

Le participe est modifieur du nom en surface, et le nom est un dépendant profond du participe : il s'agit toujours du sujet final du participe, mais selon les cas, du sujet ou de l'objet canonique (voir corpus)

NB: on garde en représentation profonde la relation mod entre le nom et le participe ou l'adjectif, de manière à distinguer "les hommes bleus" et "les hommes sont bleus". Une représentation purement sémantique identifierait les 2 cas.

  1. les personnes nées en 48
  1. les témoins entendus par le parquet
  1. Les personnes ayant un tel comportement

On traite de la même façon l'adjectif épithète (voir corpus).

  1. des nouvelles réjouissantes

NB: on obtient un cycle en dépendances profondes.

8.2 Participes et adjectifs dépendants de verbes

Les participes et adjectifs compléments d'un verbe prennent en général la fonction ats, ato (cf. Section 4.5) ou mod (cf. Section 4.9). Exceptionnellement, ils peuvent avoir la fonction obj (par exemple dans l'expression plaider coupable).

On conserve en représentation profonde le lien avec le verbe (ce faisant on reste à un niveau syntaxique), mais l'élément "sujet" de l'adjectif ou du participe est explicité en dépendances profondes.

  1. Laurent semble bizarre
  1. Paul trouve Laurent fatigué par le voyage
On distingue le cas ci-dessus où l'attribut de l'objet ou du sujet est un complément sous-catégorisé par le verbe, du cas dit "de modifieur attributif", où l'adjectif bien que formant un syntagme distinct du NP auquel il se rapporte sémantiquement (sujet ou objet du verbe), n'est pas sous-catégorisé par le verbe. On a en surface une relation mod entre l'adjectif et le verbe (conservée en profond), et le sujet de l'adjectif est ajouté en dépendances profondes.
  1. Paul est parti fatigué
  2. Paul prend seul ses décisions
  3. Paul ne boit jamais son café chaud.

8.3 Participiales absolues

On parle ici de participiales passées ou présentes, dont le sujet est réalisé localement. La participiale est modifieur du verbe principal et le sujet final du participe est sujet ou objet canonique selon la diathèse.

  1. La nuit venant, les chats sortirent
  2. Les feuilles ramassées, les jardiniers partirent

Pour les participiales introduites par le composé une_fois, on peut hésiter sur la nature de la tête : une_fois ou bien le participe. Certes une_fois est alors optionnel ((Une_fois / Ø) les participants arrivés, on commença), mais il est forcément en tête de la participiale (à ne pas confondre avec le cas du modifieur de la forme "Xcard fois" : Tous les participants recalés plusieurs fois, le jury décida d'assouplir les critères). On privilégie le parallélisme avec le cas où l'adverbe une_fois introduit une complétive : une fois que les participants sont arrivés, ...).

  1. Une fois tous les participants arrivés, on commença

8.4 Adjectivales et participiales "détachées"

Il s'agit ici à l'inverse de cas où le participe n'a pas de sujet final réalisé localement. Un dépendant du verbe principal, en général le sujet, correspond au sujet final du participe (et à son sujet ou objet canonique, selon la diathèse du participe).

Dans tous les cas, dans la représentation de surface, la participiale est modifieur du verbe principal.

En dépendances profondes,

  • d'une part, parallèlement au cas de participiale absolue (i.e. avec sujet propre réalisé), la relation mod entre le participe et le V principal reste également en dépendances profondes, elle note une relation discursive.
  • d'autre part, on explicite quel est le sujet final du participe (et sa fonction canonique). C'est en général le sujet de la principale (voir corpus).
  1. Interrogée sur France Inter le 15 janvier, Paulette a annoncé ...
  2. Tablant sur un cours de baril à 21 dollars, le président a annoncé ...
  3. Marland procèdera à une augmentation de capital, permettant ainsi ...

Mais, attention : le sujet du participe n'est pas obligatoirement (même si la plupart du temps) le sujet du verbe enchâssant.

  1. Emportés par leur élan, on les voyait s'élever puis retomber
  2. Riant et virevoltant, on les voyait dévaler la pente, heureux et turbulents (voir la Section 13 sur la coordination))

Les adjectivales détachées se comportent comme les participiales détachées.

  1. Content de lui, il retourna à ses fourneaux
  1. Très médiatiques, on les entend partout

8.5 Gérondif

Pour le gérondif en+participe présent on note en surface le participe dépendant de la prep en (on ne considère pas la prep comme sémantiquement vide mais plutôt qu'elle porte, avec la marque du participe présent, la sémantique (simultanéïté , causalité...)). Le sujet du participe est la plupart du temps le sujet du verbe enchassant, auquel cas on l'explicite en dépendances profondes :

  1. J'ai mangé en marchant
  2. Elle a gagné un prix en recyclant une vieille idée

Mais attention, ce n'est pas toujours le cas, en particulier si la principale a un sujet asémantique : exemple FTB:

  1. En attendant que les choses changent, il nous faut ... => le sujet de attendant n'est pas l'explétif il.

On a ce phénomène en particulier avec des gérondifs presque figés : "en tenant compte de ...", "en attendant"