5 Dépendants du nom

5.1 Déterminants

5.1.1 Cas de base

Les déterminants dépendent des noms qu'ils déterminent par une dépendance de type det.

En outre le caractère défini du déterminant est reporté sur le nom sous la forme d'un trait def=y.

5.1.2 Déterminant contracté avec une préposition

La catégorie P+D est réservée aux prépositions contractées. En termes de dépendance, cette catégorie est traitée comme une préposition. Le caractère défini du déterminant est reporté sur le nom sous la forme d'un trait def=y.

5.1.3 Adverbes de quantité ou comparatifs : "plus / beaucoup de N"

On traite de la même manière le cas avec adverbe de quantité "beaucoup/peu/énormément... de N" et le cas avec adverbe comparatif "plus/moins/... de N" : l'adverbe porte est un dépendant de type det du nom. Le de est supprimé en représentation profonde.

  1. Beaucoup d'amis sont venus
Attention, le cas "beaucoup/peu/... de DET N" est traité différement (le quantifieur est traité comme un pronom, voir Section 7.2.2).

5.1.4 Déterminants cardinaux

Pour les déterminants cardinaux avec adverbes comparatifs : plus de CARD N, on a en surface une structure plate, avec plus, de, et le card qui dépendent du nom. En représentation profonde, on considère que c'est l'adverbe comparatif qui est tête de la détermination. Le de est court-circuité (de ce fait, on traite ici l'adverbe comparatif au sein du NP, comme un det, et pas comme un mod.comp comme dans les autres comparatives cf. Section 14) (voir corpus).

  1. Elle gagne plus de 5000 euros

Concernant les "plages" : les NP de la forme "de CARD à CARD N" (de 3 à 5 personnes), en représentation profonde, on choisit de représenter un "déterminant complexe" pour "de X à Y", dont la tête est la préposition de (qui dépend du nom avec une dépendance det) et celle-ci gouverne la préposition à à l'aide d'une dépendance arg.

  1. Nous attendons de 50 à 100 personnes => en représentation de surface on a une structure plate, où "de", "50", "à" et "100" dépendent de "personnes". En représentation profonde, c'est le "de" qui est considéré comme déterminant du nom (cf. le traitement des prépositions liées de NP à NP, Section 6.1)

L'exemple précédent est à distinguer d'un NP de la forme "CARD1 à CARD2 N" (3 à 4 personnes), où on se contente de rattacher le "à CARD2" au premier CARD (cf. pas de préposition "de"):

  1. Dans environ 3 à 4 semaines

5.2 Groupes prépositionnels

Pour les groupes prépositionnels dépendant du nom, nous n'avons pas fait le travail de définition des critères pour distinguer entre arguments et ajouts. C'est pourquoi, en surface, on code systématiquement une relation générique dep.

En syntaxe profonde, on conserve la préposition et les dépendances sauf lorsque la préposition est de : elle est considérée systématiquement comme sémantiquement vide (même si elle peut marquer différents types syntaxiques de dépendant : le sujet du nom, l'objet du nom, le possesseur...), et court-circuitée. On doit cependant conserver l'information que le nom est introduit par de, et on spécialise pour cela la fonction dep en dep.de.

En outre, ce traitement est appliqué pour les prépositions contractées en de (du, des). (Le caractère défini du déterminant compris dans les prépositions contractées est reporté sous forme de trait def=y sur le nom, cf. Section 2.1.4 sur les traits profonds)

  1. La destruction du temple par les Romains a eu lieu à l'aube de ce millénaire.

Pour les dépendants que + Phrase, on utilise également dep.de (voir Section 9.2 sur les dépendants phrastiques), du fait de l'alternance :

  1. L'idée de son départ m'est insupportable
  2. L'idée qu'il parte m'est insupportable

5.3 Epithètes et appositions

Les adjectifs, noms et participes épithètes sont systématiquement mod en surface. Cette dépendance est toujours conservée en représentation profonde, y compris dans le cas où on ajoute une dépendance inverse : pour les participes et adjectifs, le nom modifié est leur dépendant profond (voir Section 8.1).

Dans le cas d'un nom dépendant d'un nom, on distingue les noms épithètes et les appositions.

L’apposition est séparée du nom tête par une virgule (ou apparaît entre parenthèses, ou un « : »), et a sémantiquement la même référence que le nom qu'elle modifie (on n'a donc que des appositions nominales).

On marque l’apposition par une dépendance mod.app, versus mod pour le nom épithète.

Dans le cas d’un NP avec plusieurs noms n’étant pas des appositions, c’est le premier nom qui est choisi comme tête (M. Paul Duchmuc => la tête est « M. », les deux autres noms propres dépendent de M. avec une relation mod).

  1. Le général Pierre Duchmuc est parti => mod(général, Pierre), mod(général, Duchmuc)
  2. Le général, Pierre Duchmuc, est parti => mod.app(général, Pierre), mod(Pierre, Duchmuc)

Plus précisément, la tête nominale choisie est le premier nom après un éventuel déterminant : dans M. le général Pierre Duchmuc, tous les éléments dépendent de général

Distinction entre apposition et énumération : Attention à distinguer l’apposition d’une énumération : dans le premier cas, les 2 noms réfèrent à la même entité, alors que dans l’exemple suivant professeurs et ministres réfèrent à deux référents distincts.

  1. J’ai connu d’illustres professeurs, des ministres compétents => obj(connu, professeurs), obj(connu, ministres) (=énumération)

5.4 Relatives

5.4.1 Relatives avec antécédents

On part du schéma en dépendances de surface dans lequel les relatives épithètes dépendent avec une relation mod.rel de l'élément (en général le nom) qu'elles modifient. La tête de la relative est le verbe (y compris pour relatives en qui et que: les relatifs ne sont pas traités comme des complémenteurs).

En représentation profonde, on a choisi de résoudre les anaphores structurellement résolvables, et le pronom relatif est donc dans une relative épithète systématiquement court-circuité : la ou les relations entrantes ou sortantes sont reportées sur l'antécédent.

  1. la série qui plaît
  2. la série télévisée dans laquelle joue Karl

Cas de dont

Dont peut correspondre en surface à un complément ou modifieur du verbe de la relative (145), (146) ou d'un verbe enchâssé au sein de la relative 147, ou bien correspondre à un dépendant d'un NP interne à la relative.

Comme pour toutes les relatives épithètes, la relation est reportée en dépendances profondes sur le nom modifié par la relative.

Lorsqu'il est dépendant d'un verbe, dont est soit de_obj, soit p_obj.o dans le cas où il est interrogeable par d'où, cf. exemple (148).

  1. la série dont Pierre parle
  2. la manière dont la Commission gère le système
  3. La question dont Paul veut me parler
  4. la période noire dont elle n'est pas sortie
Dont est également fréquemment un élément extrait hors d'un NP sujet (149) ou objet (150).
On rappelle que dans ces cas d'extraction ont été manuellement annotés, en corrigeant la conversion automatique en dépendances de surface du corpus Sequoia (Candito et Seddah, 2012b).
La dépendance en surface de dont est alors dep (cf. on ne gère pas la distinction argument / ajout pour les dépendants d'un nom).
En représentation profonde, cette dépendance est reportée sous forme d'un dep.de vers l'antécédent de la relative (cf. le dont correspond à un dépendant en de du nom).
  1. le monsieur dont l’appartement est loué

  2. Le film dont il a vu la fin
  3. parmi les candidats, dont trente-deux sont des femmes, ... (cf. on peut reconstruire “trente-deux des candidats sont des femmes)

On peut aussi avoir extraction hors d'un attribut, en particulier adjectival, auquel cas on gère de manière régulière la distinction argument / ajout. Ainsi dont est de_obj de friand dans l'exemple suivant :
  1. Les plats dont ils sont friands

Quand la relative en dont est sans verbe (tour elliptique), la tête de la relative est en surface le NP introduit par dont, et dont en est un modifieur (cf. les spécifications du schéma Easy). En surface, les éventuels modifieurs (par exemple "en France" pour l'exemple 153) sont rattachés à cette tête nominale (FO), ce qui ne rend pas compte du fait que la modification concerne la prédication sous-entendue "d'existence d'une sous-partie de l'ensemble dénoté par l'antécédent" :

  1. les organisations des pays membres, dont en France FO

5.4.2 Relatives sans antécédent

Le pronom relatif est l'élément déterminant la distribution de NP des relatives sans antécédent, il est donc considéré comme tête de la relative (dans les exemples ci-dessous, qui est la tête de qui le veut, et quiconque est la tête de quiconque entre ici.

Le verbe de la relative en est un dépendant en surface, avec la relation mod.rel.

En dépendances profondes, on ajoute seulement la dépendance du pronom relatif envers le verbe de la relative :

  1. Paul donne son livre à qui le veut
  2. Quiconque entre ici ne sait quand il ressortira