4 Dépendants du verbe

Cette section spécifie les relations gouverneur verbal et dépendants du verbe.

Pour la représentation de surface, on suit d'une manière générale le guide d'annotations fonctionnelles du FTB (Abeillé, 2004) définissant les fonctions des dépendants du verbe, modulo :

  • des subdivisions des fonctions p_obj* et mod*

  • l'ajout de labels spécifiques pour les auxiliaires

  • une gestion spécifique des comparatives et des superlatives

  • en cas de dépendance longue distance, l'annotation du gouverneur non-local (correct), ce qui donne parfois lieu à de la non-projectivité (alors que ces gouverneurs non locaux ne peuvent pas être obtenus par conversion automatique des arbres syntagmatiques du FTB)

La représentation profonde utilise la même définition des fonctions grammaticales pour les dépendants de verbe, mais se charge de (i) neutraliser les changements de diathèse, et (ii) expliciter le sujet (final) des verbes non conjugués. Voir également les sections Dépendants participiaux et adjectivaux et Dépendants phrastiques et infinitivaux.

4.1 Auxiliaires

Dans le cas d’un complexe verbal avec auxiliaire (de temps, du passif, causatif) + verbe infinitif ou participe passé, on considère l’auxiliaire comme dépendant du verbe, y compris pour le sujet. Toutes les relations aux.* sont des dépendances uniquement surfaciques.

Les auxiliaires de temps sont annotés avec la relation finale aux.tps (voir corpus).

  1. Les enfants ont vu le concert

Dans les tours passifs, on annote l’auxiliaire passif avec la relation aux.pass (voir corpus).

  1. Les enfants sont vus par les organisateurs
Tous les auxiliaires peuvent être eux-mêmes à un temps composé. MAIS, en surface, tous les auxiliaires sont codés comme dépendants du dernier verbe du nucleus verbal. Ce choix a été fait pour ne pas créer de la non-projectivité en surface, pour des phénomènes massifs mais triviaux comme ceux-ci.
  1. Les enfants ont été vus par les voisins

Dans les cas de causatif, on annote le causatif avec la relation aux.caus (voir corpus).

  1. Le surveillant fait dégager la foule
  2. Le surveillant a fait dégager la foule

4.2 Clitiques

D'une manière générale, les clitiques peuvent remplir trois fonctions :

  • une fonction "pleine", celle d'un argument syntaxique du verbe (Paul le voit),
  • celle de former avec le verbe auquel ils se rattachent un tout sémantique comme clitiques figés (Paul en veut à Marie),
  • celle d'exprimer la démotion du sujet pour la voie moyenne et neutre ; c'est la fonction exclusive du clitique se (Ce livre se vend bien).

Un même clitique peut remplir plusieurs de ces fonctions. C'est le cas de se qui peut aussi être figé ou avoir une fonction pleine.

4.2.1 Clitique il

Le clitique il porte toujours la fonction pleine de sujet (suj). Il peut être la reprise d'un sujet plein (voir corpus), comme dans l'exemple suivant.

  1. Quand Jean viendra-t-il ?

Le clitique il peut aussi représenter un sujet impersonnel (cf Section 3.4, voir corpus).

  1. Il va pleuvoir

Le clitique il peut enfin représenter le sujet profond d'un infinitif (cf Section 9, voir corpus) ou d'un adjectif (cf Section 8, voir corpus).

  1. Il pense être tranquille

4.2.2 Clitique le

Le clitique le, quand il a une fonction pleine, est soit objet direct (obj) (voir corpus), soit attribut du sujet (ats) (voir corpus). Il varie en genre et nombre uniquement dans le cas de l'objet direct.

  1. Paul le voit
  2. Paul l’est (en colère)

Le clitique le peut aussi être figé (voir corpus) comme dans l'exemple suivant.

  1. Paul l’emporte sur son adversaire

4.2.3 Clitique lui

Le clitique lui a toujours la fonction pleine finale d'objet indirect (a_obj). En général, il a aussi la fonction canonique a_obj (voir corpus).

  1. Donnez-les lui

Le clitique lui, dans une construction causative (cf Section 3.3), peut être l'objet indirect final et le sujet canonique du verbe causé (voir corpus).

  1. Paul leur fait balayer la cour

4.2.4 Clitique en

Le clitique en, quand il a une fonction syntaxique pleine par rapport à un verbe, est soit de_obj, obj ou p_obj.o (voir corpus).

  1. Paul en parlera (du film)
  2. Paul en achète (des tomates)
  3. Paul en vient (de là)
Le clitique en peut représenter un dépendant d'un dépendant du verbe hôte (voir corpus). Dans ce cas, il a la fonction dep en surface et dep.de en profond, s'il dépend d'un nom ou d'un pronom et de_obj, s'il dépend d'un adjectif (il s'agit de cas de gouverneur non local). Ainsi par exemple le en peut dépendre de l'objet direct de son verbe hôte (49), de son sujet (50), ou de son attribut (51).
  1. On en connaît tous la fin tragique
  2. L'occasion ne lui en a pas été donnée
  3. Paul en est en partie responsable

Pour le en quantitatif, il n'y a pas de précision du guide d'annotation du FTB. On a a priori deux solutions possibles : faire du en l'objet direct "principal", et le matériel restant postverbal dépendrait du en , ou bien l'inverse. La première solution capturerait bien la régularité qui est que le en reprend la partie nominale de l'objet direct. Mais les cardinaux post-verbaux sans nom sont traités comme des pronoms dans le schéma du FTB dont nous nous servons comme base, et donc il est alors plus cohérent de traiter le pronom post-verbal comme l'objet direct, et faire du en un dépendant de celui-ci : on choisit donc de prendre le pronom post-verbal comme tête, et le en en dépend avec une relation dep en surface, et dep.de en profond.

  1. Paul en achète deux
  2. Paul en achète deux rouges
  3. Paul en achète assez

Le clitique en peut également être figé et dans ce cas, on note sa dépendance au verbe aff.

  1. Paul en veut à Marie

4.2.5 Clitique y

Le cltique y, quand il a une fonction syntaxique pleine par rapport à un verbe, est soit a_obj, p_obj.o dans le cas d'un locatif sous-catégorisé ou mod dans le cas d'un locatif non sous-catégorisé (voir corpus).

  1. Paul y pense
  2. Paul y va
  3. Le chômage y est endémique

Le clitique y peut être a_obj d'un adjectif qui est lui-même attribut du verbe auquel se rattache le clitique.

  1. Paul y est enclin

Le clitique y peut également être figé (voir corpus).

  1. Il y avait trois statues dans le jardin

4.2.6 Clitique se

Dans toute la suite on note clitique SE l'ensemble des formes du paradigme me, te, se, nous, vous, se , quelle que soit leur valeur grammaticale.

Le clitique SE est systématiquement considéré comme sémantiquement vide, et n'appartenant pas à la REPRSYNTPROF. On considère cependant 4 classes d'occurrences du SE, qui ont un impact sur la représentation profonde du verbe portant le SE et de ses arguments.

La classification du SE (la définition des critères, et la classification des occurrences sur le corpus Sequoi) ont fait l'objet d'un travail spécifique, à Alpage, avec un guide d'annotation spécifique (Candito, 2013). On donne ici une description succincte des 5 classes retenues et de leur représentation.

(voir également Section 3 sur les changements de diathèse).

Vrai réfléchi ou réciproque

Le test principal est la possibilité X SE V W => X ne V que lui-même ou X ne V qu'à lui-même (Creissels, 2007), auquel on ajoute un test moins restrictif : la possibilité de forcer une lecture réciproque (en remarquant que si le réciproque est possible, alors le réfléchi doit l'être aussi).

Le clitique est alors obj ou a_obj en surface (voir corpus) et en représentation profonde, il est court-circuité au profit du sujet.

  1. Les amants se donnent des gages
  2. Je me regarde dans la glace

Réfléchi intrinsèque

On considère que le SE + V forme un seul lexème (utilisé pour les verbes dits "pronominaux", l'antipassif, l'autocausatif (Creissels, 2007)). En représentation de surface, le SE porte une dépendance aff (voir corpus). En représentation profonde, on supprime le SE et le V porte un lemme de la forme "se_XXX".

  1. Je me souviens de mes vacances

Se moyen ou se neutre

Le clitique SE peut être la marque du moyen (Section 3.5), du neutre (Section 3.6).

Le clitique SE moyen n'est pas distingué du SE neutre (voir corpus). Le SE porte la relation aff.demsuj, et le verbe porte le trait diat=demsuj (redondance pour les repérer facilement...). Le sujet final du verbe est son objet canonique.

  1. Le français se parle de moins en moins ici

Construction avec partie inaliénable

On a une 4ème classe. Les occurrences sont de la forme Xsuj SE V Yobj, avec le Yobj correspondant à "une partie inaliénable" de Xsuj, ce qui se traduit par l'équivalence avec "Xsuj V possessif Xobj". Le verbe n'admettant pas forcément en standard de a_obj, on ne peut pas analyser la construction comme un réfléchi a_objet. On explicite en profond un lien dep.de entre le Xsuj et le Yobj (on peut reconstruire Yobj de Xsuj ).

  1. Le patient s'est fracturé la hanche en tombant (=> Le patient a fracturé sa hanche en tombant)

Se faire Vinf

Enfin, on utilise une 5ème classe pour parmi les constructions en se + faire + Vinf, celles qui ne sont pas analysées comme un vrai réfléchi sur construction causative (cf. Section 3.3.1)

On distingue ainsi :

  1. Les victimes se font rembourser par l'assurance => classe vrai réfléchi
  2. Paul s'est fait tabasser en bas de chez lui. => classe sefaire (repérable par le fait que le sujet ne peut pas être interprété comme un argument causateur).

4.3 La fonction suj

4.3.1 Réalisation locale ou non locale

Le sujet (final) est obligatoirement réalisé localement pour un verbe conjugué, sauf à l’impératif. Il s’agit d’un groupe nominal, d’un pronom, d’un clitique ou d’une subordonnée (infinitive ou finie) (voir corpus).

Dans le cas de noms, de pronoms ou de clitiques il s’accorde en nombre et en personne avec le verbe. Il se cliticise en il, on, ce etc.

  1. la fille qui viendra
  2. Arriver à l'heure était impossible

Les infinitifs n'ont pas de sujet final réalisé localement, mais il peut être réalisé ailleurs dans la phrase, de manière syntaxiquement contrôlée ou de manière arbitraire (voir la Section 9.1.1). Ce n'est pas le cas pour arriver dans la phrase Arriver à l'heure était impossible. Par contre, dans la phrase Arriver à l'heure était impossible pour Jean, arriver a pour sujet final Jean.

  1. Arriver à l'heure était impossible pour Jean
Par ailleurs, les changements de diathèse s'appliquent de manière régulière sur les infinitifs, ce qui peut faire que le sujet final explicité pour un infinitif, ait une autre fonction canonique (Section 9.1.1). C'est ce qui a motivé le fait de ne pas parler de fonctions de surface / fonctions profondes, mais de fonctions canoniques / fonctions finales (Section 1.2.3).

4.3.2 Inversion du sujet

On a des sujets inversés dans des phrases interrogatives, dans des relatives, et dans des contextes particuliers comme l'inversion locative, ou des incises de citation.

  1. Quelle est la température ?
  2. le livre qu'a donné Paul à Marie
  3. de cette attitude découle toute une série de malentendus
  4. Monsieur est sorti, annonce le majordome

Dans le cas de l’inversion complexe, on note deux fois la fonction sujet : cf. (38)

4.4 La fonction obj

Les objets, notés obj (voir corpus), peuvent être nominaux ou pronominaux, clitiques (cf. Section 4.2), phrastiques ou infinitivaux (cf. Section 9).

Le test pour identifier l’objet est la réalisation clitique en le/la/les (avec accord contrairement à l’attribut), le en quantitatif, le caractère direct (sans préposition) dans le cas nominal.

4.4.1 Objets post-verbaux

Les objets se situent typiquement après le verbe dont ils dépendent.

  1. ll passe des heures à marcher

  2. Le président a pris position
  3. je crois que Paul viendra
  4. Je sais à qui tu penses

4.4.2 Objets pré-verbaux

Dans les cas de topicalisation, relativisation, cliticisation, exclamation, ils peuvent se situer avant le verbe dont ils dépendent.

  1. Deux heures de retard, annonce l’hôtesse
  2. le problème que vous avez résolu
  3. Il veut vous voir
  1. Quel désordre il a fait !

Certains pronoms exprimant la quantification sont, comme les cltiiques, intégrés au noyau verbal. Leur position dépend du mode du verbe.

  1. Paul a tout compris

4.4.3 Objets directs non standards

Certains compléments nominaux obligatoires mais non cliticisables sont considérés comme objets directs, le test déterminant est alors le en quantitatif (cf. le guide du FTB).

  1. Cette robe coûte trente euros => cette robe en coûte trente (d'euros)
  2. La remorque pèse deux tonnes => La remorque en pèse deux (de tonnes)

Du coup les adjectifs alternant avec ces objets directs sont également étiquetés objet direct :
  1. Cette robe coûte cher
  1. La remorque pèse lourd

A ne pas confondre avec un adjectif modifieur : qui est non obligatoire, et peut être cooccurrent avec l'objet direct nominal (comparer Marie crie fort sa joie à *La remorque pèse lourd deux tonnes) :

  1. Paul crie fort

Enfin, on note p_obj.o un adjectif pouvant se substituer ou être coocurrent avec l'objet direct nominal (cf. mod impossible du fait du caractère obligatoire, et obj impossible du fait de la coocurrence possible avec l'objet nominal).

  1. Cette fleur sent bon la rose
  2. Cette fleur sent bon

Les infinitives de but des verbes de mouvement, lorsqu'elles sont directes, ne sont pas considérées sont considérées comme obj, car elles ne remplissent pas tous les critères d'un objet direct. Elles sont considérées comme p_obj.o, cf. l'alternance avec une infinitive en pour.

  1. Elle a couru au magasin récupérer son livre

4.5 Les constructions attributives et les fonctions attribut ats, ato

On suit complètement le guide du FTB pour les contours des fonctions ats et ato.

En représentation profonde, on explicite en outre le sujet des attributs verbaux et adjectivaux.

4.5.1 La fonction ats attribut du sujet

Pour l'ats, les caractéristiques sont la catégorie variable, la non mobilité et la cliticisation en le, sans accord avec l'antécédent :

  1. Ils sont restés capitaines toute leur vie => ils (le / *les) sont restés.
  2. Elles restent élégantes => elles (le / *les) restent.
  3. Ils ne paraissaient pas de bonne humeur => Ils ne le paraissaient pas

Cette absence d'accord permet, dans le cas d'un attribut variant en genre et nombre, de faire la distinction avec l'objet direct, qui se cliticise aussi en le, mais avec accord (J'ai vu les capitaines => je les ai vus). Pour les attributs de catégories qui ne varient pas en genre et nombre (ats prépositionnel ou ats adverbial), la distinction se fait uniquement par la variabilité de la catégorie.

On explicite en représentation profonde la dépendance suj (final) de l'attribut du sujet vers le sujet de cet attribut (voir corpus), dans le cas uniquement d'un attribut adjectival ou verbal. Le traitement des autres catégories n'est pas fait dans la version actuelle du schéma d'annotation, centré sur les verbes et les adjectifs.

  1. Laurent semble bizarre
La régularité capturée est que l'attribut du sujet est toujours le sujet final du sujet du verbe hôte, mais si l'attribut a une diathèse non canonique, les changements de diathèse s'appliquent de manière régulière, comme par exemple ci-dessous :
  1. Laurent semble avoir été maltraité
Le verbe ayant l'attribut du sujet peut être dans une diathèse non canonique : si le sujet final est objet canonique, alors l'ats final devient attribut de l'objet (ato) canonique (voir corpus).
  1. Jean est considéré comme responsable

4.5.2 La fonction ato attribut de l'objet

La fonction ato (attribut de l'objet) est utilisée pour les cas de prédication sur l'objet direct (voir corpus) : X trouve/considère/nomme Y Z, les infinitives introduites par un verbe de perception, ou bien par laisser.

Sa catégorie est variable (infinitival, prépositionnel, adjectival, nominal, adverbial…).

On explicite en représentation profonde la dépendance suj de l'attribut de l'attribut de l'objet vers l'objet, dans le cas d'un attribut verbal ou adjectival, et également dans le cas d'un attribut en comme + adjectif (les autres catégories ne sont pas traitées).

Concernant la dépendance entre le verbe et son objet direct, même si elle ne vaut pas forcément en sémantique, on garde l'objet direct comme objet canonique en dépendances profondes, cf. les exemples comme Paul nomme Marie présidente, où on a du mal à ne pas considérer Marie comme un argument de nommer. Cela s'applique également aux constructions avec verbe de perception : même s'il n'est pas clair qu'il existe une relation sémantique entre le verbe de perception et l'objet direct, on garde cette dépendance en dépendances profondes (99).1

  1. Paul trouve Laurent fatigué par le voyage
  2. Laure voit Anna atteindre le sommet
  3. Laure considère comme positive la dernière mesure proposée
  4. Laure nomme Paul chevalier

L'ato d'un verbe de perception peut être une relative introduite par qui. L'antécédent peut être pronominalisé (Je le vois qui s'enfuit). Dans ce cas, on court-circuire le relatif en représentation profonde, étant donné que son antécédent est syntaxiquement déterminé (c'est forcément l'objet du verbe principal).

  1. Je vois Jean qui s'enfuit

Quand le verbe à attribut de l'objet est au passif, on a un ats en fonction finale, et un ato en fonction canonique (plus généralement quand le sujet final est objet canonique, l'ats final est l'objet canonique).

  1. Laurent est jugé coupable par tous

4.6 La fonction a_obj

Les objets indirects en à, notés a_obj, sont des compléments obligatoires introduits par la préposition fixe à (voir corpus), à distinguer des locatifs sous-catégorisés (pour lesquels la préposition peut varier, pourvu qu'elle soit locative).

Le test pour identifier les a_obj est la cliticisation par lui, leur ou y, ET une relativisation en impossible.

En représentation de surface, c'est le à qui porte la dépendance au verbe. En représentation profonde, on court-circuite le à :

  1. Il ressemble à Martin
  2. J’encourage Marie à venir

La cliticisation en y indique généralement un locatif sauf dans certains cas, repérés par l'impossibilité d'une question en :

  1. Jean pense à Marie
  2. Jean va à Paris

Car on a pas Où pense Jean ? mais bien Où va Jean ?

Dans une construction causative (cf Section 3.3), un mot peut être l'objet indirect final et le sujet canonique du verbe causé.

  1. Paul leur fait balayer la cour

4.7 La fonction de_obj

Les objets indirects en de, notés de_obj, sont des compléments introduits par de (prep fixe), ou bien des compléments phrastiques ou infinitivaux alternant avec un complément nominal introduit par de.

Le test pour identifier les compléments de_obj est la cliticisation en en ou la pronominalisation en dont ou en d'où.

En représentation de surface, le de porte la dépendance par rapport au verbe. En dépendances profondes, c'est l'objet de la prep qui porte la dépendance.

  1. Il parle de ses vacances
  2. Il rêve de partir
  3. Ça ne date pas d'hier

Attention : les locatifs obligatoires introduits par de sont des p_obj.o pas des de_obj. On les repère par une pronominalisation en d’où (et clitique en en). Le de n'est pas supprimé (120).

Attention : les infinitives introduites par de qui alternent avec cela sont notées obj (voir corpus).

  1. Jean propose de venir

Les complétives introduites par que sont notées de_obj quand elles se pronominalisent en en, ou s'il peut y avoir une complétive en de ce que, ou une pronominalisation en de cela

  1. Paul s’étonne que Marie ne soit pas là

4.8 Les fonctions p_obj*

Les objets indirects sous-catégorisés ne satisfaisant ni de_obj ni a_obj sont notés p_obj.*.

Par rapport à la fonction p_obj du FTB, on distingue p_obj.agt et p_obj.o.

4.8.1 La fonction p_obj.agt

p_obj.agt est utilisé pour le complément d'agent du passif ou du causatif (prep par et plus rarement de comme dans Il a été compris de tous les fidèles).

  1. Pierre est attendu par Marie
  2. Pierre se fait déposer chez lui par Anna

4.8.2 La fonction p_obj.o

Parmi les compléments p_obj.o, on ne fait pas de distinction entre les compléments locatifs et les autres (voir corpus).

Par contre, les compléments p_obj.o sont requis par le verbe dont ils dépendent et se distinguent des modificateurs, notés mod. Pour effectuer la distinction, on utlise les tests suivants :

  • Si obligatoire alors p_obj.o,

  • Si non déplaçable en tête de phrase en gardant le même sens alors p_obj.o

A Paris, je mange des spaghettis => mod

*A paris, je vais => p_obj.o

Mais attention : Je cours à Paris => p_obj.o car A Paris, je cours est possible, mais le sens est modifié.

  1. Je vais à la pêche
  2. Je compte sur Pierre
  3. Il se comporte comme s’il était seul => ici comme est préposition, et prend une complétive comme objet

Les adverbes obligatoires et les NPs locatifs ont également la fonction p_obj.o lorsqu’ils sont obligatoires.

  1. <ex>Paul est là-bas
    </ex>
  2. Paul va rue Richard Lenoir

On utilise p_obj.o également pour les locatifs obligatoires introduits par de. On les repère par une pronominalisation en d’où (et clitique en en). Le de n'est pas supprimé.

  1. Pierre vient de Paris

Les infinitives de but des verbes de mouvement (121), sont considérées comme p_obj.o. En effet, elles ne peuvent pas être obj, cf. le cas des transitifs de mouvement 122, et l'absence de cliticisation en le. Le guide du FTB les classe comme mod, mais nous privilégions leur caractère non mobile, leur unicité et l'alternance avec un pour-Vinf pour les classer plutôt p_obj.o.

  1. Elle a couru au magasin récupérer son livre

  2. J'ai emmené Paul acheter des livres

Les adverbes de manière obligatoires et à place fixe sont également notés p_obj.o .

  1. Paul va bien

4.9 Les fonctions mod*

La relation mod couvre tous les dépendants non sous-catégorisés du verbe (et des autres catégories ce qui n’est pas détaillé dans cette section). Les modifieurs sont optionnels et généralement mobiles (en particulier déplaçables en tête de phrase). Leurs catégories sont variables : il peut s’agir de PP, d’adverbes, d’adjectifs, de NPs, d’infinitives, de relatives extraposées ou de subordonnées circonstancielles.

  1. Paul travaille le samedi
  2. A lire ce livre, on dirait un roman
  3. Il y a des lions en Afrique
  4. On progresse en se trompant
  5. Fatigué, Paul partit à la campagne
  1. Comme il était fatigué, Paul partit à la campagne
  1. Paul est parti fatigué

Les quantifieurs flottants sont également notés mod mais ils modifient le nom qui est quantifié !

  1. Les délégués apporteront chacun leur contribution
  2. Les enfants viendront tous

  • 1. La question est par exemple Paul est-il argument sémantique de voir dans Laure voit Paul dévaler les escaliers. Des exemples comme J'entends le prof se faire chahuter par ses élèves (Muller, 95) où l'objet direct n'est pas à l'origine de la perception font douter de la relation sémantique entre l'objet et le verbe de perception. Egalement (Skytte et al. 91) citent comme acceptable l'équivalent italien de Je vois le vent remuer les feuilles. Comme argument contraire, on peut rapprocher la phrase Je vois le vent remuer les feuilles de Je vois le vent qui remue les feuilles où il n'y a pas d'ambiguité. Dans le doute on conserve donc la relation objet au niveau profond (vent est objet de voit et sujet de remue).